Ilaa al-abad, à jamais

Répétition publique/ travail en cours

 

Les 16 et le 17 Novembre à 18h

Au NTH8, 22 rue Commandant pégout 69008 Lyon

Prix libre sur réservation au 06-13-38-16-74

 

« Vingt ans après, se rappeler la guerre d’Algérie. Se la rappeler parce qu’elle est tout à fait inscrite dans nos corps, dans nos pensées,  autant que comme fait historique concernant notre présent politique (…) » Notes dramaturgiques/ Jean Magnan, 1983

Voilà l’enjeu de cette création : faire la chronique tendre, absurde et violente de ce qu’il reste de relation aujourd’hui entre la France et l’Algérie. Ce n’est plus un secret pour personne, il y a une guerre.

Il semble que les troubles que nous vivons aujourd’hui soient le prix à payer pour un devoir de mémoire jugé insuffisant par les populations: fracture identitaire, intégrisme religieux, islamophobie, hantise sécuritaire, accès difficile à la démocratie, malédiction de l’exil et de la séparation…

Dix acteurs font face aux fragments d’une mémoire éclatée  et les confrontent aux bouleversements du monde contemporain.

Deux questions nous hantent : Comment expliquer la nécessité du silence qui a suivi en France? Et la méconnaissance de l’Algérie depuis la guerre d’Indépendance ?

C’est pour franchir ses abîmes que nous décidons de composer un parcours sensible qui résonne avec l’ici et maintenant des sociétés civiles.

Nous partons en quête des héritiers, de chaque coté de la mer, qui subissent chaque jour la fameuse injonction : « qui es tu ? que sais-tu ? ».

Jugés illégitimes devant l’histoire et la nouvelle donne sociétale, ces successeurs se débattent néanmoins pour rester intègres et  maintenir un lien précaire entre identité et intimité.

C’est dans la langue et la tendresse qu’il nous faut faire entendre ces histoires, piliers de la prochaine ère.

 

NOTE D’INTENTION : Quand il y a cinquante-cinq ans, une « française d’Algérie » débat face à un « algérien musulman » de « sa peur des arabes  et des attentats», on sait que ces mêmes mots,  employés  à un siècle d’écart et dans un autre contexte, nous sont douloureusement familiers. Entendre ces mots au théâtre permet de créer une alternative. Ensemble nous pouvons envisager une fin où cet étrange couple pourrait choisir de s’enlacer, là où l’Histoire nous dit qu’ils se sont quittés. Pour moi le théâtre, c’est la possibilité d’une variation entre le fait, et l’imaginaire.

Plutôt qu’œuvrer pour un théâtre documentaire, ancré dans le genre puissant du témoignage,  je propose aux acteurs d’assumer une position toujours mouvante. Leur rapport singulier à l’Histoire est constitutif de l’identité du spectacle. De même que le public se posera toujours la question de sa place dans l’histoire, je veux maintenir sur le plateau un endroit de transparence ou d’inversion possible.  La prise  en charge d’une parole multiple et fragmentaire peut rendre compte aux spectateurs de l’impossibilité d’une unique réalité. Celle que nous cherchons n’existe pas ou plus, elle est  diffuse, comme dans le désir ou le souvenir.

 

HÉRITAGE : En plus d’une histoire commune, je partage avec les  acteurs choisis parmi ceux du Nouveau Théâtre du 8ème  un même héritage : Jean Magnan,  ex-dramaturge lyonnais du Théâtre du 8ème sous Robert Gironès, mort assassiné en plein écriture de sa pièce « Algérie – 54-62 ». C’est sa démarche que nous poursuivons,  36 ans après.  Comme lui et son équipe, nous souhaitons chercher dans nos corps, nos mémoires, nos croyances, la trace d’un conflit jamais éteint. Appréhender le théâtre comme acte de résilience. Retrouver, pour citer Kamel Daoud, les trois pistes laissées par nos ancêtres: la langue, le corps, et la mer.

 

Contact : www.cienomansland.com – tél: 06-13-38-16-74

Elsa Rocher, Directrice Artistique – mail: cienomansland@gmail.com

 

No man’s land (déf) :expression anglophone signifiant « terre inhabitée », désignant une zone non habitée située entre deux frontières ou deux lignes de front. « Terre inhabitée », mais préoccupation de tous. L’espace vide appelant à l’occupation, l’occupation appelant au positionnement, d’où peut  naître le soulèvement: ce sont là les prémisses de l’acte théâtral. Dans ce champ des possibles, nous marchons en terrain miné dans un constant aller- retour. Du public aux artistes, de l’expérience au populaire, de l’improvisation au texte, de l’intime au politique, de la référence à l’invention. Nous désirons rejoindre les terrains frontaliers, au cœur des enjeux passés et à venir. Nous voulons relier aussi  les zones périphériques, considérées comme en marge ou mises sur un plan secondaire. Plus qu’une volonté d’engagement, c’est le désir de rendre notre art engageant qui nous guide. Le théâtre en tant que zone de non droit, pour remettre en jeu notre vision du monde.

La Cie No Man’s Land n’est pas un collectif d’acteurs mais une successions d’aventures collectives .

Lancée à l’initiative d’Elsa Rocher, elle a pour but de fédérer pour chaque nouvelle création une  équipe spécifique d’acteurs et de créateurs.. Tous désireux d’ habiter ensemble, pour un temps, la terre de personne.

« Ilaa al- abad, à jamais », est la suite d’un dyptique mené sur la relation Orient Occident entamé avec la création « Vietnam Etc ». En parallèle, la Cie travaille sur l’adaptation du documentaire « The act of killing » de Joshua Oppenheimer, qui sera créé en Janvier 2019 aux Théâtre des Clochards Célestes sous le nom « Des hommes libres. » La compagnie continue également son travail sur la zone périphérique en collaborant avec des probationnaires et des détenus avec le projet évolutif « FIER(e)S ».

 

Porteurs/organisateurs et partenaires/financeurs : Cie No Man’s Land

Partenaire: Nouveau Théâtre du 8ème. Subsistances. La Déviation. (lieux d’accueils en résidence).

 

Categories: Théâtre

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