CINÉMA ET MIGRATIONS

Anthropologie du regard sur les migrations ?

 

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= Document de travail pour le collectif de programmation de l’événement

 

Quelques films à voir

 

Les Nouveaux Habitants

(France | 2018 | 52 minutes | Video Full HD),

un film de Emmanuel Chevilliat, Victorien Tardif

Un matin d’hiver dans le village des Vans, les habitants se réveillent avec de nouveaux voisins. Dans la nuit, Ahmed et Tesfay ont été installés en compagnie d’une soixantaine d’autres migrants soudanais, érythréen et afghans, dans l’ancien hôpital du village. À leur tour, la famille Mustafa débarque en Ardèche. Après deux ans de démarches administratives et d’attente, le collectif d’habitant peut enfin concrétiser sa solidarité avec cette famille de réfugiés syriens. L’arrivée de ces nouveaux habitants déclenche aux Vans un formidable élan de solidarité. Que leur présence aux Vans soit imposée (dans le cas des migrants) ou souhaitée (pour ce qui est des familles de réfugiés) Myriam, Thierry, Amina, Claude et tant d’autres mettent tout en œuvre pour faire plaisir, divertir, aider et accompagner ces nouveaux habitants. Au delà des clivages politiques et idéologiques et alors que rien ne prédisposait ces deux mondes à une rencontre, le village des Vans entre dans une dynamique de l’entraide.

mot de passe : NEOSPRO

 

 

Octobre à Paris (France | 1962 | 70 minutes | 35 mm),

un film de Jacques Panijel

Le 17 octobre 1961, à l’appel de la Fédération de France du FLN, 30 000 Algériens manifestent pacifiquement à Paris pour protester contre le couvre-feu discriminatoire qui leur est imposé et réclamer l’indépendance de l’Algérie. Sous l’autorité du préfet de Police de l’époque, Maurice Papon, la manifestation est durement réprimée, tuant des dizaines d’Algériens. Les historiens évoquent onze mille arrestations, des dizaines d’assassinats, des manifestants jetés dans la Seine, des centaines d’expulsions et autant de plaintes restées sans suite ; pour une nuit qui allait devenir un point aveugle du Récit national. Pas d’enquête, pas de procès et encore moins de commémoration. Dès le lendemain de la manifestation, Jacques Panijel, commence le tournage de Octobre à Paris pour alerter l’opinion sur la tuerie qui vient de se produire dans les rues de Paris. Composé de captations documentaires, d’interviews de manifestants et de reconstitutions, le film a été censuré dès 1962 et Jacques Panijel menacé de poursuite. La fin de la guerre d’Algérie ne signifia pas pour autant la levée de l’interdiction. C’est seulement en 1973 que la situation s’est débloquée. Après la grève de la faim du cinéaste et ancien résistant René Vautier, le film a obtenu son visa d’exploitation, il pouvait enfin être montré.

 

 

Vol spécial (2012, suisse, 1h 40min),

documentaire de Fernand Melgar

Après La Forteresse, qui décrivait les conditions d’accueil des demandeurs d’asile en Suisse, Fernand Melgar porte son regard vers la fin du parcours migratoire. Au centre de détention administrative de Frambois, des hommes sont emprisonnés dans l’attente d’un renvoi du territoire helvétique. Leur demande d’asile a échoué, ils sont sommés de repartir après, pour certains, avoir passé plusieurs années en Suisse, travaillé, payé des impôts, fondé une famille. Si leur incarcération peut durer jusqu’à 18 mois, l’annonce du renvoi intervient quant à elle sans crier gare, et sa mise à exécution est imminente. Dans ce huis clos carcéral, la tension monte au fil des jours. D’un côté des gardiens pétris de valeurs humanistes, de l’autre des hommes en bout de course, vaincus par la peur et le stress. Se nouent alors des rapports d’amitié et de haine, de respect et de révolte jusqu’à l’annonce de l’expulsion vécue comme un coup de poignard. Cette relation s’achève la plupart du temps dans la détresse et l’humiliation. Ceux qui refusent de partir seront menottés, ligotés et installés de force dans un avion. Dans cette situation extrême le désespoir a un nom : vol spécial.

 

Et nous jetterons la mer derrière vous

(France | 2014 | 71 minutes | HD & Super 8 mm),

un film de Noémi Aubry, Jeanne Gomas, Clément Juillard, Anouck Mangeat

Dans plusieurs pays du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, on jette de l’eau derrière celui qui s’en va pour qu’il revienne en bonne santé. On les appelle, migrants, kaçak, metanastes alors qu’ils sont Aziz, Sidiqi, Housine,Younes. Nous traversons avec eux ces villes non-lieux et ces zones frontières, grandes comme des pays entiers. Du foyer au chaos de la Grèce en crise, en passant par les rues d’Istanbul. En filigrane de leur voyage, les rêves, les espoirs qu’ils portent. Il n’en est qu’à son début, et ne trouvera peut-être jamais de fin. C’est l’histoire d’une Europe, de ses réalités, de ses frontières et de ses polices. C’est une histoire d’exil. Comment se raconter, dire son voyage, quand il s’agit de sa vie. Le film est cette rencontre, un voyage croisé qui permettrait la parole. A l’instar d’une frontière, de la langue, des statuts, des lieux possibles pour se voir, on se croise et on s’arrête. Un autre voyage commence alors. Et c’est l’eau de toutes les mers traversées que nous jetons derrière leurs pas

– L’orchestre souterrain, Heddy Honigmann – 1997, 115min

L’orchestre souterrain, ce sont ces musiciens exilés à Paris qui jouent dans le métro. Heddy Honigmann en a rencontré certains qui racontent leur histoire, souvent une histoire de survie, dans laquelle la musique tient une place primordiale.

Ce film consacré à des musiciens en exil à Paris pourrait être misérabiliste, il est joyeux au contraire, en raison de la qualité des interprètes. Ce ne sont pas seulement d’authentiques musiciens dont nous admirons le talent, ce sont aussi des personnages hors du commun, forgés par les épreuves. Ils viennent d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, d’Europe centrale. Une guerre, un coup d’Etat, une conviction idéologique, les ont jetés hors de chez eux et la plupart sont dans l’incapacité d’y rentrer. Ils connaissent la dure loi de l’exil et s’y soumettent sans broncher. C’est avec le sourire qu’ils nous livrent des lambeaux de leur histoire dont nous devinons qu’elle fut terrible. Ils ne s’apesantissent pas, ils préfèrent jouer. Ils descendent dans le métro, ils trimballent leurs instruments dans les rues de Paris qu’ils nous font redécouvrir. La musique les fait survivre. L’amour de la musique les habite et les sauve du désespoir. Les rencontrer est un cadeau que nous n’oublierons pas.

La Ville Monde (France, Allemagne, Belgique | 2018 | 104 minutes),

Un film de Antarès Bassis

Mars 2016, faisant face à l’arrivée massive de réfugiés dans sa ville, Grande-Synthe, le Maire crée le premier camp UNHCR de France. Idéaliste et déterminé, l’architecte qui a conseillé à sa conception essaye de convaincre les acteurs de projeter ce lieu comme un quartier, mais sa pensée se cogne sans cesse à la réalité du terrain. De l’emménagement du camp à sa destruction, le réalisateur suit l’expérience dans toute sa complexité, ses espoirs, ses impasses, témoignant du rêve des uns devenu cauchemar des autres.

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Moi, je suis avec la mariée (2014, Italie, 98 minutes)

De Antonio Augugliaro, Gabriele Del Grande, Khaled Soliman Al Nassiry

C’est l’histoire d’un voyage de trente mille kilomètres, du nord de l’Italie (Milan) à la Suède, d’un groupe de Palestiniens et de Syriens ayant fui la guerre. Pour passer les frontières blindées d’une partie de l’Europe, ils imaginent un stratagème : un faux cortège nuptial avec sa mariée et ses invités. Quel policier s’aviserait de perturber la noce en leur demandant leurs papiers d’identité ? Raconté en prise direct, le voyage se déploie d’un pays à l’autre, se jouant des confins interdits pour devenir un film, Moi, je suis avec la mariée est « une histoire fantastique et pourtant terriblement vraie.»

password: mariée_zalab

 

 

 

Baraques, villages nègres et bidonvilles

Olivier Chavanon

 

 

Des Spectres hantent l’Europe

Maria Kourkouta & Niki Giannari // France // 2016
// 99 min // Couleur // 1,85:1

La vie quotidienne des migrants (Syriens, Kurdes, Pakistanais, Afghans et autres) dans le camp de Idomeni. En attendant de traverser la frontière gréco-macédonienne : des queues pour manger, pour boire du thé, pour consulter un médecin. Un jour, l’Europe décide de fermer ses frontières une bonne fois pour toutes. Les « habitants » de Idomeni décident, à leur tour, de bloquer les rails qui traversent la frontière.

> LIEN : https://vimeo.com/174116029

Mot de passe : spectres2016

 

 

 

EXILS ADOLESCENTS (2018, France, 1h10)
Un film documentaire d’Antoine Dubos

Synopsis : Après un long périple de la Guinée à la France, Yakouba a 16 ans quand il débarque seul à Lyon. Il rejoint un collectif de mineurs étrangers qui luttent pour leurs droits et en devient un des porte-voix. Il y rencontre Banthieni, un jeune malien, et Fanny, une adolescente camerounaise qui va devenir maman.

Arrivés mineurs et isolés, ils ont d’abord été pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance. Mais à l’aube de leur majorité, ils deviennent des sans-papiers aux yeux de la préfecture qui leur demande alors de quitter le territoire.

Avec l’aplomb d’un grand frère, Yakouba nous raconte leur combat au quotidien pour exister. Tiraillés entre le manque de la famille restée au pays et l’envie de se construire un avenir en France, ils tentent d’avancer. Sur les écrans de leurs téléphones portables, ils amassent les souvenirs de leur vie ici comme pour mieux s’y ancrer. Dans une captation fidèle et pudique de leur trajectoire, entre l’individuel et le collectif, le réalisateur accompagne ces jeunes gens qui affrontent ensemble ce difficile passage à l’âge adulte, au moment où grandir revient à devenir hors-la-loi.

> Voici le lien https://vimeo.com/219720390 et le mot de passe est EXILS.

 

La Nuit remue (France | 2012 | 45 minutes)

Un film de Bijan Anquetil

Une histoire d’amitié. Sobhan et Hamid. Deux jeunes Afghans. Le voyage depuis l’Afghanistan jusqu’à Paris les a réunis. C’est là, autour d’un feu de fortune allumé au bord d’un canal, qu’ils se sont retrouvés. La Nuit remue montre ce qui se passe parfois la nuit tombée autour d’un feu de fortune allumé au cœur de nos villes. Un film sur les passagers de nuit de l’Europe. Sur une jeunesse afghane qui se vit dans l’exil et qui, clandestinement, écrit son histoire. Avec des actes, des mots et des téléphones portables.

LIEN : https://vimeo.com/302040612/6066d04754

 

 

« Quand les hommes pleurent »

Belgique | 1999 | 57 minutes | 35 mm

Un film de Yasmine Kassari

Le Maroc est un pays qui a une longue histoire du départ de ses hommes. Chaque année, environ 30 000 Marocains traversent le détroit de Gibraltar pour entrer clandestinement en Espagne. 14 000 sont interceptés et renvoyés dans leur pays. 1 000 meurent noyés et 15 000 réussissent à passer. Au-delà des chiffres, ce sont ces hommes, que la réalisatrice a choisi d’interroger avec sa caméra, ceux qui croient encore à un eldorado occidental et n’hésitent pas à se jeter littéralement à l’eau pour l’atteindre

LIEN : : https://vimeo.com/315621200/2dd0fb31e2

 

 

 

CATALOGUE centre audiovisuel Simone de Beauvoir :

http://base.centre-simone-de-beauvoir.com/DIAZ-510-0-0-0.html?ref=bcfdb0cb908d0c6c38aa74c6f424f3dd

 

 

documentaire « En-quête d’un refuge »

Depuis le mois d’octobre 2017, de jeunes ligériens mènent une enquête de terrain sur l’accueil de réfugiés dans leur département. A la manière de journalistes, ils ont rencontré et interviewé des réfugiés, des élus, des travailleurs sociaux, des bénévoles, des avocats et les services de l’Etat pour lutter contre les idées reçues.
Grâce aux témoignages recueillis, les jeunes cosignent avec La Louce, collectif d’artistes vidéastes, En-quête d’un refuge, un film documentaire présenté pour la première fois le vendredi 23 mars dans le cadre de la Semaine contre le racisme, organisée par le Mémorial de la Loire, des Semaines de l’Egalité, coordonnées par Saint-Etienne Métropole, et de la Semaine nationale d’éducation et d’actions contre le racisme et l’antisémitisme, DICLRAM.

https://vimeo.com/303052989 (mot de passe : 1vitéLALOUCE).

 

Regarde ailleurs

France | 2018 | 85 minutes | HDV

Un film de Arthur Levivier

L’Europe, États de droit et terres d’accueil ? Regarde ailleurs dénonce ce qu’il se passe dans de nombreuses villes européennes en prenant l’exemple de Calais. De l’expulsion de la « jungle » en octobre 2016 jusqu’à la situation sur place un an plus tard, Arthur a partagé des moments de vie avec des hommes et des femmes d’origine soudanaise, afghane, éthiopienne, érythréenne et des habitants de Calais. En soulignant le décalage qu’il existe entre le terrain et les discours officiels, ce film nous montre la stratégie mise en place pour dissuader les exilés de rester. Avec des méthodes de tournage originales et son regard citoyen, le réalisateur a réussi à filmer le harcèlement étatique, les mises en scène médiatiques, mais aussi la force et l’humour des exilés.

le mot de passe:  karma

 

 

LA MORT DU DIEU SERPENT

(2014, France, 90 min.), un film de Damien Froidevaux
Suite à une bagarre, Koumba, 20 ans, est expulsée au Sénégal. Elle se retrouve en 48h dans un village sénégalais perdu dans la brousse, loin de sa famille et de sa vie à Paris.
https://vimeo.com/91936442/a8170dc22f

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