Le dispositif LES TOILES DU DOC a été lancé en 2015 par l’association Ardèche images pour soutenir la diffusion de films documentaires soutenus par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et faciliter la mise en place de projections suivies de rencontres dans différents lieux de la région.

Le dispositif a plusieurs objectifs :

  • Améliorer la visibilité des films documentaires soutenus par la Région Auvergne-Rhône-Alpes.
  • Favoriser l’accès des publics au cinéma documentaire et développer des échanges avec les réalisateurs et réalisatrices, par des séances accompagnées.
  • Renforcer un réseau de diffusion de proximité et fédérer les acteurs du cinéma et de l’audiovisuel en région pour accroître les synergies professionnelles.

LES TOILES DU DOC a donné carte blanche au collectif IMAGES MIGRANTES / Réseau TRACES afin de choisir un film qui sera mis en avant dans le réseau régional en 2020.

Le film choisi est

A Lua Platz

Un film de Jérémy Gravayat

(France | 2018 | 94 minutes | 16 mm & Super 8 mm & HD)

 

Synopsis : En Seine-Saint-Denis, des années durant, des familles roumaines cherchent des lieux où vivre. Devenus compagnons de route lors de luttes contre les expulsions, nous fabriquons ce film ensemble, comme autant de maisons ouvertes. Cheminant de villages quittés en bidonvilles, squats et cités, l’intimité de leurs récits se confronte à une banlieue en constante mutation. Des grands ensembles jusqu’au Grand Paris, leurs trajectoires retissent une histoire commune, celle de solidarités habitantes refusant la relégation.

« Aux marges d’une banlieue parisienne en grande mutation, quelques familles roumaines cherchent des lieux où vivre. Depuis le village quitté, le bidonville rasé, les maisons occupées, leurs trajectoires retissent une histoire commune, faite de solidarité autant que de relégation. Devenus compagnons de route, nous fabriquons ce film ensemble, comme d’autres espaces habitables. » (Jérémy Gravayat)

 

Distinctions:

 

Le réseau TRACES a choisi le film « A Lua Platz » car nous soutenons la démarche du cinéaste Jérémy Gravayat qui depuis une dizaine d’années documente les conditions de vie et les problématiques de personnes en migrations. Qu’il s’agisse des camps à Calais (« un autre jour sur la plage », 2002, « L’Europe après la pluie », 2006), ou de sans papiers à Lyon (« Vivre ici », 2008), des travailleurs immigrés dans les usines lyonnaises (« Les hommes debout », 2010), et aujourd’hui dans son dernier film, des personnes qui vivent dans des squats comme hier de nombreuses communautés vivaient dans des bidons villes en région parisienne, Jérémy Gravayat amène une réflexion, en s’appuyant sur un travail de fond de mémoire et d’histoire, sur l’habitat précaire de personnes en migration fragilisées par une situation administrative compliquée.

Jérémy Gravayat a également avant la réalisation du film « A Lua Platz » publié un livre « ATLAS » dont le travail de recherche a préparé la réalisation du film.

« ATLAS, AUTOUR D’UN FILM EN COURS » : “Depuis une quinzaine d’années, j’alterne la réalisation de films personnels documentant des territoires étrangement habités (lieux de vies et passages de sans-papiers ou de migrants, quartiers en restructurations urbaine) avec des formes de pratiques cinématographiques d’ateliers, financées par des « politiques de la ville » en demande de participations habitantes. Depuis deux ans, je suis accueilli par L’Abominable, laboratoire cinématographique partagé, installé à La Courneuve en Seine-Saint-Denis, dans une portion vouée à démolition de la Cité des 4000. J’y travaille à la réalisation d’un film sur le devenir habitant, qui, en partant de la collecte de récits oraux, cherche à retisser ce qui cohabite et fait cité dans le recoupement d’expériences passées et présentes du logement en banlieue. Ces récits forment une histoire intime tout autant que collective, celle de la vie des Grands Ensembles, mais aussi de leurs entours, parcours d’habitants des bidonvilles d’hier et d’aujourd’hui, des cités de transit ou des foyers. En prenant le temps de faire de nombreuses rencontres, sans caméra, de me plonger dans des fonds d’archives, d’écrire un film à partir des mots des uns et des autres, d’organiser des débats publics, ou de réaliser et distribuer un journal rendant compte de ces recherches, je souhaite déplacer un peu conjointement la production du cinéma, l’apparition de la parole et certaines formes de représentations ou de participations attendues. Pour évoquer ce parcours de cinéma, j’ai souhaité agencer quelques éléments fragmentaires. Deux extraits du long-métrage LES HOMMES DEBOUT, tourné en 2009 à Lyon, dans le quartier industriel de Gerland, alors en pleine restructuration urbaine, retracent l’origine du travail que je mène actuellement à La Courneuve sur la réécriture et l’interprétation de récits de vie. PLANCHES, CLOUS, MARTEAUX, court film réalisé en 2015 sur support argentique, comme une esquisse du long-métrage à venir, cartographie la destruction actuelle des bidonvilles, hantée par l’histoire de ceux qui ont vécu dans les mêmes conditions et dans les mêmes espaces, au cours du siècle précédent. Enfin, j’ai souhaité convoquer le parcours du cinéaste Pedro Costa, comme un écho, au travers du court film TARRAFAL. Il est de ceux qui aujourd’hui tentent de fabriquer du cinéma autour de ces questions, en tenant fermement l’équilibre de l’investigation documentaire et d’un cinéma « habité » au sens premier. Par les lieux, les corps et les mots, présences et absences, des hommes et femmes, auprès de qui son travail évolue depuis une quinzaine d’années. Ceux des habitants de l’ancien quartier auto-construit de Fonthainas, situé en banlieue de Lisbonne, qui depuis ont été relogés dans des immeubles, alors que les films de Costa accompagnent toujours plus loin leurs échappées dans les trouées du territoire et de la mémoire.” Jérémy Gravayat

 

SI VOUS SOUHAITEZ DIFFUSER LES FILMS de Jéremy Gravayat, n’hésitez pas à nous contacter !

 

 

Categories: Images Migrantes

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